Musée d'Orsay: Remise de six dessins aux ayants droit d’Armand Dorville

Remise de six dessins aux ayants droit d’Armand Dorville

L'État va rendre aux ayants droit d'Armand Dorville douze œuvres des collections nationales achetées en juin 1942, dont six dessins du musée d’Orsay

Sur recommandation de la Commission pour l'indemnisation des victimes de spoliations (CIVS), la ministre de la Culture Roselyne Bachelot-Narquin a annoncé le 28 mai 2021 sa décision de remettre aux ayants droit d’Armand Dorville douze œuvres que les musées nationaux ont acquises lors d'une vente à Nice en 1942, en leur accordant en outre une indemnisation.

Onze dessins, que l'État va rendre sont conservés au musée du Louvre et au musée d'Orsay et une cire, au château de Compiègne.

Les six œuvres conservées au musée d’Orsay sont les suivantes :

- Jean-Louis Forain, Femme à la terrasse fleurie (ou Jeune femme debout sur un balcon, contemplant des toits parisiens), aquarelle, RF 29342

- Constantin Guys, Jeune femme et sa duègne, aquarelle, RF 29334

- Constantin Guys, La présentation du visiteur (ou Présentation de visiteur), plume et lavis, RF 29335

- Constantin Guys, Cavaliers et amazones, plume et aquarelle, RF 29336

- Constantin Guys, La loge de l’Empereur pendant une représentation de Madame Viardot dans «Orphée » (ou La loge de l’Empereur), plume et aquarelle, RF 29337

- Constantin Guys, Revue aux Invalides par l’empereur Napoléon III (ou Une revue aux Invalides), plume et aquarelle, RF 29338.

Jean-Louis ForainFemme à la terrasse fleurie© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Jean-Gilles Berizzi
Armand Dorville, avocat français juif, est mort en juillet 1941, en « zone libre », alors sous administration du gouvernement de Vichy. Sa collection est mise en vente par son exécuteur testamentaire, en accord avec ses héritiers.
Au premier jour de la vente à Nice, le 24 juin 1942, un administrateur provisoire est nommé par le Commissariat général aux questions juives. Les musées nationaux achètent alors les douze œuvres, pour 270 000 francs. Six mois plus tard, en décembre 1942, l’administrateur provisoire demande finalement que la famille soit exemptée des mesures d’administration provisoire. L’administration de Vichy l’accepte en juillet 1943 et le produit des ventes est alors envoyé sous forme de titres de dette de l’État au notaire de la famille. Mais les héritiers sont dispersés dans le sud de la France, ce qui les empêchera de percevoir effectivement ce qui leur est dû.
En mars 1944, cinq membres de la famille, dont une sœur, deux nièces héritières d’Armand Dorville et deux filles de ses nièces, sont arrêtés, déportés et assassinés à Auschwitz. Après la guerre, les héritiers survivants perçoivent le produit des ventes, qui est intégré au règlement de la succession d’Armand Dorville en 1947

La CIVS a considéré que, même si la vente à Nice ne peut être qualifiée elle-même de spoliatrice, des circonstances particulières donnent à la famille un droit à réparation: notamment « le blocage des sommes dues aux héritiers d'Armand Dorville et le destin tragique de plusieurs d'entre eux ». Les ayants droit seront indemnisés pour le préjudice découlant de l'immobilisation du produit de la vente de la mi-1942 à la fin de la guerre.

Les œuvres concernées appartenant aux collections publiques nationales, une loi est nécessaire avant de pouvoir mettre en œuvre effectivement cette décision. Le Gouvernement présentera prochainement un projet de loi à cet effet.
Voir également le communiqué de presse sur le site du Ministère de la Culture.

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