Musée d'Orsay: Le modèle noir d'Achille à Zinèbe Galerie numérique

Le modèle noir d'Achille à Zinèbe Galerie numérique

D'octobre 2018 à mars 2019, trois cents élèves de la sixième à la terminale des académies de Créteil et de Paris ont travaillé, accompagnés par leurs professeurs d'arts plastiques, à la réalisation de productions plastiques (dessin, peinture, collage, photographie…) en lien avec l'exposition Le modèle noir de Géricault à Matisse.

Qui sont nos modèles communs aujourd'hui ? Peut-on connaître l'autre et se reconnaître en lui ou en elle ? Comment rendre visibles ceux et celles qu'on ne voit pas ? Ces questionnements ont guidé leur réflexion sur le sujet de l'exposition dont ils ont su traduire les enjeux artistiques, culturels, historiques et sociétaux.

Une quarantaine de leurs productions fait l'objet d'un accrochage au quatrième étage du musée. Cette galerie numérique présente une sélection complémentaire des travaux réalisés.

Achille F., 4eC'est moi.© DR

"Passionné de dessin et d'animation, je me suis créé un personnage qui me représente.
Je le décline à l'infini, avec des attitudes et émotions différentes, empruntées à mon univers de références. Mon modèle, c'est moi-même, mais autrement."

Amalia H., 1èreEsperanza© DR

Mon modèle noir est représenté par cette femme qui apporte de l'eau aux hommes coupant la canne à sucre. Elle apporte aussi l'espoir, la force de rester debout dans les moments difficiles. Les hommes à l'arrière-plan continuent à effectuer leur tâche malgré la dureté du travail, alors que la femme du premier plan introduit - par l'amplitude de la robe blanche et son collier en perle de verre et relief- de la lumière dans le tableau.

Lola S., 1èreSans titre© DR

Quoi de mieux pour faire ressortir la valeur de la couleur noire que de créer un contraste avec son contraire, le blanc ? Voilà ma première idée. Puis j'ai pensé au jazz, et j'ai peint comme je le sentais, au feeling. La musique, ronde, souple et répétitive a pris dans ma tête la forme d'une guitare et a envahi la feuille. Des cercles enveloppent d'autres cercles comme des résonances. Parce que les oeuvres de Matisse sont simples et puissantes, je voulais rendre vivante cette oeuvre sur papier en faisant simple aussi.

Claudiane T., terminaleUne peau humaine© DR

"Ce qui compte chez un homme, ce n'est pas la couleur de sa peau ou la texture de sa chevelure, mais la texture et la qualité de son âme" Martin Luther King.

En référence à Olympia de Manet, cette peinture rappelle que la peau n'est qu'un organe composé de plusieurs couches de tissus.

Manon O. et Betty T., 6eFraternité© DR

Nous avons voulu exprimer le rassemblement, l'amitié, la liberté et la fraternité. Nous avons fait des mains noires pour faire référence au titre de l'exposition et pour qu'elles ressortent mieux sur le fond de couleur, par contraste.

Jean-David N. et Mehdi H., 4ème La main de l'espoir© DR

La main représentée appartient à Laure, le modèle figurant dans le tableau d'Edouard Manet, Olympia. Elle incarne l'espoir face au racisme, et l'aspiration à la liberté de tous les hommes.

Yanni A-M, Edgar B-D et Elias E., 6ème Black and White© DR

En dessinant des silhouettes sur les côtés pour qu'elles s'éloignent, et des mains au centre pour qu'elles se rapprochent, nous avons traduit une des réflexions soulevées lors de notre travail en classe autour de l'exposition : tout vous oppose et/ou tout vous unit.

Amna D. et Liza M., 4èmeDébordements (production complète et détails)© DR

Cette production parle de la difficulté de vivre ensemble, mais aussi de la difficulté de séparer le noir et le blanc, donc que les frontières ne sont pas exactement définies. Le Ying et le Yang montrent qu'il y a toujours une partie de nous dans l'autre. Inspirée de l'Olympia de Manet – une oeuvre qui montre autant les qualités que les défauts de la vie, et la réalité comme elle est –, notre production présente aussi des "défauts" et démontre que nous ne sommes pas parfaits.

Séraphine S., 1èreApparition/disparition de Kylian Mbappé #9© DR

Un portrait à mi-chemin, en équilibre, entre masculin et féminin, dans lequel Kylian Mbappé serait là sans être là. Absolument reconnaissable sans être représenté.

Adam C., 1èreApparition/disparition de Kylian Mbappé #4© DR

La figure du footballeur est tellement présente, envahissante, qu'elle devient l'image qui s'affiche quand on ne regarde plus l'écran. A force de trop la voir, on ne la voit plus. L'image présentée est une capture de l'écran de veille en action, montrant un arrêt sur l'image en mouvement, qui se démultiplie.

Emmanuel T. terminaleMoi© DR

Moi représente mon joueur de basketball préféré. Sur son maillot est inscrit mon prénom avec en dessous le chiffre "17" qui est le jour de ma naissance. Façon de me superposer à l'image du joueur que j'admire.

Sept Kylian Mbappé se sont fondus dans la foule de ses fans lors de la victoire de l'équipe de France à la coupe du monde de foot 2018. Saurez-vous les trouver ?

Typhanie L. 1èreApparition/disparition de Kylian Mbappé #2© DR
Dorine G., terminaleMasque© DR

Le travail en aplat renforce l'aspect de masque : c'était peut-être un modèle inconscient.

Je l'ai accroché devant le buste de Colbert qui a rétabli le Code noir.

Estelle M-J.,3èmeReconstitution© DR

Ce portrait symbolise l'union de toutes les couleurs de peau existant dans le monde.

Par son aspect géométrique et morcelé, il fait également allusion aux masques africains.
Un visage universel aux yeux réfléchissants, invitant le spectateur à se regarder en face, forme d'introspection…

 

Nemo L., terminaleAutoportrait© DR

Autoportrait de Dürer réinterprété par le prisme du modèle noir.

Sabina D., terminaleLa plus belle des femmes noires© DR

"Influenceuse", cette femme est réputée pour être la plus belle des femmes noires. Mise en valeur par le fond doré, son portrait ressemble à un miroir et à une image sacrée.

Isra J., 4eElles© DR
Isra J., 4eElles© DR
Isra J., 4eElles© DR

Trois femmes aux expressions mystérieuses. Elles semblent fortes, insaisissables, libres. Elles représentent pour moi la femme contemporaine sous divers aspects.

 

 

Yasmeen L. 4eFemme cherchant son visage© DR

Cette installation de portraits de femmes d'ethnies différentes montre que nous avons tous de multiples facettes et modèles.

La femme au visage enfoui dans ses mains est à la recherche de son identité, de ses racines. Elle se projette mentalement, s'imagine être une autre, se sent proche de chacune, au-delà des apparences.

Tommaso G., terminaleSans titre© DR

Mettre en valeur le fait qu'à notre époque plus aucune distinction entre humains n'est possible, plus aucune forme de racisme n'est acceptable. Pour montrer cela, la fusion de deux corps qui finissent par n'en former qu'un seul.

Floriane V., terminale Visages du cacao© DR

Rendre visible ceux que l'on ne voit pas : cette production interroge tout particulièrement la notion de matière par la figure peinte au cacao et renvoie au thème des plantations de cacao.

Mila Z., terminaleBlessure criante enveloppée dans un drap de silence. Inspiration indirecte : Gauguin.© DR

Cette production questionne le rôle des puissances occidentales dans les conflits africains, y compris inter-ethniques, et l'utilisation de la femme noire comme arme de guerre. Il s'agit de dénoncer l'hypocrisie des démocraties occidentales pourvoyeuses d'armes et complices des exactions commises sur les femmes abusées, usées, niées.

Sakuntala K., terminaleTraversée – ou Rendre visibles ceux que l'on ne voit pas© DR
Sakuntala K., terminaleTraversée – ou Rendre visibles ceux que l'on ne voit pas© DR
Sakuntala K., terminaleTraversée – ou Rendre visibles ceux que l'on ne voit pas© DR

L'affaire des "migrants" me touche tout particulièrement car elle met l'accent sur la fragilité de vies humaines qui se mettent paradoxalement en péril pour survivre. Le bateau gonflable dans cette production (jouet d'enfant) ainsi que le gilet réalisé en plastique bulle et ruban adhésif, renvoient à la précarité des moyens employés par ces personnes pour se déplacer. Ce triptyque s'adresse au spectateur qui le regarde. Quelle implication, en tant que citoyen du monde, avons-nous à l'égard de personnes traitées bien souvent comme des esclaves ?

Dilek D., terminaleDAYA KIBAR (Grand-mère KIBAR, en kurde)© DR

Daya Kibar mêle deux visages et deux costumes, ceux de deux femmes : une femme noire, modèle de Frédéric Bazille dans le tableau Jeune femme aux pivoines, et une femme kurde. Le foulard présent sur la bouche des deux femmes évoque la colonisation et la domination.

Ghizlaine C., terminaleSans titre© DR
Laura L., terminale Sans titre© DR
Iman M., terminale Sans titre© DR
Alexandra V., terminaleSans titre© DR
Augustin L., Enzo J. et Jess M., 4eDamier© DR

Nous avons choisi d'oeuvrer sur le thème d'un damier, où les personnages sont tous identiques, grâce à la technique de la linogravure, et pourtant tous uniques.
Noir sur blanc ou blanc sur noir, ils sont unis et égaux.

 

Jade D. et Emma F., 6e Sans titre© DR
Joséphine P., 6eSans titre
Ariane L., 2ndeInspirée de l'héroïne du film "Blackklansman", réalisé par Spike Lee© DR

Le modèle noir d'Achille à Zinèbe

Accrochage présenté du 26 mars au 27 juin 2019
Musée d'Orsay - Passerelle du 4e étage

 

En partenariat avec les collèges Jacques Decour, César Franck, Guillaume Apollinaire à Paris ; Arthur Rimbaud à Nemours et Dulcie September à Arcueil ; les lycées Colbert et Charlemagne à Paris, Eugène Delacroix à Drancy / Musée d'Orsay-Avril 2019

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