Musée d'Orsay: Dessins d'Odilon Redon (1840-1916)

Dessins d'Odilon Redon (1840-1916)

ARCHIVE
2007

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Odilon Redon Le Prisonnier© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Gérard Blot
Jusqu'au milieu des années 1890, Redon se consacre essentiellement à son oeuvre graphique. Il s'agit de gravures et de dessins, notamment les noirs, fusains étranges et précieux qu'il expose à Paris pour la première fois au début des années 1880.

Il a lui-même commenté sa découverte du fusain, dans une lettre publiée par L'Art moderne en juin 1894, sous le titre de "Confidences d'Artiste" :
"Cette matière quelconque, qui n'a aucune beauté en soi, facilitait bien mes recherches du clair-obscur et de l'invisible. C'est une matière mal vue des artistes, et négligée. Que je le dise pourtant, le fusain ne permet pas d'être plaisant, il est grave. On ne peut tirer bon parti de lui qu'avec le sentiment même". A partir du milieu des années 1890, Redon s'ouvre à la couleur et pratique le pastel qui le "réconforte", écrit-il, et abandonne progressivement les noirs.

L'oeuvre de Redon déroute nombre de ses contemporains par son imaginaire et son iconographie à la lisière du fantastique. Cependant, en marge d'un texte d'Emile Bernard paru en 1904 dans L'Occident, il affirme avec force :
"Je ne suis pas spirite, oh ! Non. / Qu'est-ce que les esprits ?", ou encore : "Le surnaturel n'est pas ma nature". De même, l'artiste ne cesse de réfuter dans ses écrits une interprétation "littéraire", "illustrative" de son oeuvre malgré ses références à Shakespeare ou Edgar Poe.

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Odilon RedonBranche de mille-pertuis, et profil de femme © RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Gérard Blot
Au contraire, Redon insiste sur le rôle du réel et de la nature dans la construction de son imaginaire. "Un souci constant d'obéir aux lois du naturel et de la vie" écrit-il dans Confidence d'artiste. Il s'inspire du monde naturel, réel mais invisible.
Ses créations se nourrissent des découvertes scientifiques notamment de la botanique et de la zoologie contemporaines. Mais Redon a saisi la puissance fantastique de la nature et y puise des formes étranges. En mai 1909, il explique ainsi qu'"après un effort pour copier minutieusement un caillou, un brin d'herbe, une main, un profil ou tout autre chose de la vie vivante ou inorganique, je sens une ébullition mentale venir ; j'ai alors besoin de créer, de me laisser aller à la représentation de l'imaginaire. La nature, ainsi dosée et infusée devient ma source, ma levure, mon ferment. De cette origine je crois mes inventions vraies. Je le crois de mes dessins".
Tard dans sa carrière, Redon continue à dessiner des arbres , des fleurs sur le motif ou d'après des planches de botanique.

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