Musée d'Orsay: Carpeaux (1827-1875), un sculpteur pour l'Empire

Carpeaux (1827-1875), un sculpteur pour l'Empire

ARCHIVE
2014

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Le décor du Louvre


Jean-Baptiste CarpeauxLe Triomphe de Flore© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
Menaçant ruine, le pavillon de Flore est démoli et reconstruit par l'architecte du nouveau Louvre de Napoléon III, Hector Lefuel, afin d'abriter les appartements du prince impérial.
Porté par le succès d'Ugolin, Carpeaux obtient en 1864 la commande du décor du couronnement de la façade sud, côté Seine, : un fronton orné de figures allégoriques, La France impériale portant la lumière dans le monde et protégeant l'Agriculture et la Science, un relief sur l'attique, Flore, ainsi qu'une frise d'enfants porteurs de palmes.

Le sculpteur réalise de nombreux croquis de mise en place des figures du fronton, s'inspirant, pour la Science et l'Agriculture des allégories du Jour et de la Nuit sculptées par Michel-Ange pour les tombeaux Médicis à Florence.
Carpeaux accumule les retards, provoquant l'exaspération de Lefuel, qui menace de lui retirer le projet. Parallèlement, Carpeaux travaille activement au relief de Flore, passant d'une composition inspirée par la Renaissance à une figure souriante et rubénienne, débordant d'une vie frémissante.

Manifeste d'un éclectisme qui renouvelle profondément la sculpture moderne, la composition rompt le lien séculaire d'inféodation de la sculpture décorative à l'architecture. Mécontent de la saillie de la figure dont il estime qu'elle nuit à l'ordonnancement de son projet, Lefuel menace Carpeaux d'en araser la tête. Le sculpteur demande l'arbitrage de l'empereur et obtient gain de cause.
Dévoilé en 1866, l'ensemble du décor imaginé par Carpeaux consacre sa célébrité.

Monuments publics


Jean-Baptiste CarpeauxSaint Bernard prêchant la croisade© RMN-Grand Palais / René-Gabriel Ojéda / Thierry Le Mage
A l'exception du Watteau à Valenciennes, qu'il ne verra pas achevé de son vivant, et de la Fontaine de l'Observatoire à Paris, Carpeaux ne réalise pas de monuments publics dissociés d'un décor architectural.
La Tempérance
pour l'église de la Trinité, le décor du pavillon de Flore, la Danse, la Fontaine de l'Observatoire, le fronton de l'Hôtel de Ville de Valenciennes : autant de commandes se succédant, lui laissant peu de répit, alors qu'il déploie par ailleurs une intense activité de portraitiste.

Mais, poussé par son ami le marquis de Piennes, Carpeaux participe néanmoins à plusieurs concours nationaux ou internationaux, qui cristallisent parfois ses doutes. Subsistent ainsi plusieurs projets inaboutis dont témoignent dessins et esquisses qui éclairent un aspect non négligeable de la vie des sculpteurs de la seconde moitié du XIXe siècle, la quête incessante de commandes pour subsister.

Carpeaux regarde les réalisations de ses contemporains, voit souvent grand et imagine parfois des monuments d'un souffle épique impressionnant dont la réalisation aurait tranché avec l'esthétique alors dévolue au genre (Moncey). Affaibli par sa santé déclinante, Carpeaux ne peut mener deux commandes tardives – Rabelais et Saint Bernard – au-delà de l'esquisse préliminaire.

Watteau


Jean-Baptiste CarpeauxTête de la statue de Watteau© Erik Cornelius / Nationalmuseum Stockholm
Le monument au peintre Jean-Antoine Watteau (1684-1721), natif de Valenciennes, estt un projet qui occupe Carpeaux pendant une grande partie de sa carrière.
Dès son séjour à Rome, le sculpteur réfléchit au moyen d'exprimer sa reconnaissance à sa ville natale, qui lui a octroyé une bourse.

Il présente son projet au maire en mai 1860 : une fontaine dominée par la statue en pied de Watteau.
Carpeaux pousse Valenciennes à prendre modèle sur Anvers qui a érigé vingt ans plus tôt monument à Rubens et ne demande aucune rémunération à l'exception du remboursement des frais, souhaitant exécuter la statue en marbre.

Il copie à plusieurs reprises des dessins de Watteau pour la mise en place de sa composition. Comme la plupart des projets monumentaux auxquels le sculpteur s'attelle, la statue de Watteau connaît quelques péripéties, dont la destruction d'un modèle en plâtre dans un accès de déception.
La lenteur des décisions de la ville ne freine pas l'ardeur de Carpeaux à promouvoir inlassablement son projet entre 1869 et 1874.

C'est quatre ans après sa mort, en 1879, que le monument, fondu en bronze, est inauguré au pied de l'église Saint-Géry et non à l'emplacement rêvé par Carpeaux, sur la Place d'Armes.

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