Musée d'Orsay: Gustave Doré (1832-1883). L'imaginaire au pouvoir

Gustave Doré (1832-1883). L'imaginaire au pouvoir

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2014

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Le spectacle du religieux

Gustave DoréLe Christ quittant le prétoire© RMN-Grand Palais / Gérard Blot
La réputation de Doré comme "peintre prédicateur" (preacher painter) s'établit dans le dernier tiers de sa carrière, suite à sa célèbre illustration de la Sainte Bible en 1866. Peu après, il entreprend nombre d'oeuvres religieuses spectaculaires destinées à la galerie qu'il cofonde à Londres en 1867-1868, la Doré Gallery.

Les critiques contemporains, de Théophile Gautier à Emile Zola, s'accordèrent pour juger les productions de l'artiste d'une grande force dramatique, théâtrale, fantasmagorique même, culminant dans les différentes versions du colossal Christ quittant le prétoire.
Cette puissance du spectaculaire trouve son vocabulaire dans le foisonnement des figures et explique que ces oeuvres, dans lesquelles le sentiment religieux s'exprime avec une puissance quasi orchestrale, aient aussitôt servi de matière à divers spectacles : projections de lanterne magique, tableaux vivants, jeux de la Passion… C'est enfin au cinéma et ceci dès ses origines, que l'oeuvre de Doré connaîtra une influence considérable et durable.

De la caricature au paysage

Gustave DoréDocks de Londres© Photo musées de Strasbourg
Avant de devenir le plus illustre des illustrateurs, Doré débute dans le domaine de la caricature et de la presse périodique, comme nombre de jeunes artistes en quête de notoriété.
Le célèbre éditeur parisien, Charles Philipon, est son premier mentor. Daumier ou Cham deviennent ses collègues. Après une période d'essai, il est engagé par contrat en avril 1848.

Dans le domaine du livre, Doré acquiert une réputation grâce à l'illustration des oeuvres de Rabelais (1854) et des Contes drolatiques de Balzac (1855). Au même moment, il déclare se donner pour but de "faire dans un format uniforme et devant faire collection, tous les chefs-d'oeuvre de la littérature, soit épique, soit comique, soit tragique", en grand format.
Dans les années 1860, Doré acquiert une notoriété internationale grâce à l'illustration de la Sainte Bible et de l'Enfer de Dante. Il devient par ailleurs l'un des artistes les plus hispanophiles et les plus anglophiles de sa génération et connaît une fortune considérable au Royaume-Uni grâce à la "Doré Gallery" qu'il cofonde à Londres en 1867-1868. La Grande-Bretagne et l'Espagne, sous l'angle littéraire ou pittoresque, vont durablement inspirer Doré, autant pour l'illustration que pour la peinture.

Doré ne se limite pas à cette dernière et aborde tour à tour - parfois dans des dimensions exceptionnelles - l'eau-forte et l'aquarelle. Il expose régulièrement ses oeuvres à Paris, au Salon, et à Londres dans les locaux de la "Doré Gallery".
En plus de tableaux historiques, religieux ou scènes de genre, souvent inspirées de ses illustrations, Doré, passionné d'alpinisme, expose nombre de paysages vus lors de ses fréquents déplacements en Savoie, dans les Vosges, en Espagne, en Ecosse, et surtout en Suisse. Il devient ainsi en France l'un des principaux représentants du paysage de montagne au XIXe siècle, livrant des visions spectaculaires et lyriques.

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