Musée d'Orsay: Picasso / Manet : Le déjeuner sur l'herbe

Picasso / Manet : Le déjeuner sur l'herbe

ARCHIVE
2008

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1970 : l'épilogue

Pablo PicassoLe déjeuner sur l'herbe d'après Manet, 17 juin 1962 © Succession Picasso 2008 - RMN-Grand Palais / DR
La fin du tête-à-tête Picasso-Manet se situe peut-être dans une gravure intitulée Peintre cul-de-jatte dans son atelier peignant le "Déjeuner sur l'herbe" datée 5 avril 1970. Picasso a quatre-vingt-neuf ans. Son peintre n'est pas âgé mais il est diminué. Il ressemble toujours au "Causeur" des tableaux de 1961 mais il s'est projeté hors de la toile. A sa gauche, une femme (Jacqueline) se tient alignée le long du tableau. Tous deux regardent la composition. Victorine Meurent s'y abandonne dans les bras de son voisin (habillé). Le "Causeur" (habillé), désabusé, observe une poseuse nue que Manet n'avait pas imaginée.
La baigneuse du fond s'est éloignée. Le "Causeur" ne domine plus la situation, le peintre non plus. Les personnages et la peinture ont pris le pouvoir. Ultime chahut que Picasso impose à Manet. Et à travers Manet, à Giorgione, à Raphaël et à Marcantonio Raimondi et à Cézanne. A toute la peinture en somme.


Manet a été le premier à opérer la rupture avec l'héritage classique en même temps qu'il opérait le retour vers les musées et ses maîtres. Picasso sait que c'est précisément entre cette femme nue, figure éternelle, et l'homme en costume moderne, le peintre, tous les peintres, que se noue le dialogue entre la tradition et l'invention. C'est là que résident peut-être les "douleurs" que Picasso entrevoyait en 1932.

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