Musée d'Orsay: Frédéric Bazille (1841-1870). La jeunesse de l'impressionnisme.

Frédéric Bazille (1841-1870). La jeunesse de l'impressionnisme.

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2016

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Frédéric BazilleRuth et Booz© Musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole - photographie Frédéric Jaulmes
Bazille, "Peintre d'Histoire" ?
En mai 1870, Bazille quitte Paris et son nouvel atelier de la rue des Beaux-Arts pour Montpellier, où il passe son dernier été.
Déçu par la réception contrastée de son chef-d'oeuvre, la Scène d'été, au dernier Salon, l'artiste s'isole à Méric.
Il y peint deux nouveaux tableaux, Paysage au bord du Lez et Ruth et Booz.

De même format, ils sont peut-être conçus en pendants. Bazille atteint la majesté classique des paysages de Poussin et de Corot avec le Paysage au bord du Lez – désigné comme une "églogue" dans sa correspondance –, expression de la solitude de l'artiste et de "la chaleur [qui] fait tout évaporer et règne tranquille et seule".
Avec Ruth et Booz, Bazille s'éloigne de façon inédite de l'exigence lumineuse et réaliste en tirant son sujet de la Bible et du lyrisme mystique d'un poème de Victor Hugo.
L'introduction de la nuit et de l'histoire dans son art s'accompagne d'une évolution vers une manière plus synthétique qui témoigne peut-être de l'ascendant exercé par Puvis de Chavannes.

Ce dernier tableau est laissé inachevé lorsqu'en août 1870 Bazille – vraisemblablement insatisfait – pose ses pinceaux et décide de s'engager dans le conflit franco-prussien. Sur son acte d'engagement volontaire du 16 août 1870, le jeune homme déclare : "Le Sieur Bazille Jean Frédéric âgé de 28 ans révolus, exerçant la profession de peintre d'histoire […]".

Frédéric BazilleEtude pour la "Scène d'été"© RF 29731
Bazille dessinateur
Initié au dessin dans l'atelier de Baussan à Montpellier puis de Charles Gleyre à Paris, Bazille pratique surtout le crayon noir et la mine de plomb. Bazille dessine peu, mais croque dans ses carnets les paysages de Méric, d'Aigues-Mortes, le visage de ses proches ou des éléments de son quotidien.
L'artiste encadre souvent ses croquis d'une bordure rectangulaire
qui matérialise la limite future du tableau. Bazille pense avant tout en peintre.

L'artiste prépare ses grandes peintures de Salon par quelques croquis dans lesquels il réfléchit aux grandes lignes de la composition et à la disposition des figures dans l'espace (Réunion de famille, Scène d'été). Certains détails (visages, mains) sont préparés par des études spécifiques.
La composition dessinée est ensuite mise au carreau pour être reportée, agrandie, sur la toile (La Robe rose). La courte carrière de Bazille ne lui aura pas permis de laisser une abondant oeuvre dessiné. Hormis deux albums donnés par son frère au Louvre en 1921, on ne lui connaît qu'une dizaine de feuilles.

AnonymeAndré Joubin et Marc Bazille devant la nouvelle présentation des tableaux de Frédéric Bazille au musée Fabre.© Musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole - photographie Frédéric Jaulmes
"La gloire de Frédéric Bazille commence à peine"
Le 16 août 1870, contre toute attente, Bazille s'engage dans un régiment de zouaves. Réel élan patriotique ou geste suicidaire ? Volonté de prouver à ses proches – et à lui-même – sa valeur, ou "divertissement" ?
Bazille semble se saisir de l'opportunité de cette aventure militaire pour résoudre une crise personnelle, dont ses derniers tableaux portent la trace.

Après quelques semaines passées en Algérie, le jeune homme rentre en France où il est envoyé au combat avec son régiment, à Besançon puis près d'Orléans, à Beaune-la-Rolande. Il y trouve la mort lors de son premier assaut le 28 novembre.
Au même moment, Renoir est appelé dans un régiment de chasseurs, Monet s'enfuit avec sa famille à Londres, Cézanne se cache à l'Estaque. Plus tard, Degas et Manet s'engagent à Paris dans la garde nationale.

En 1874, a lieu la première exposition du groupe impressionniste à Paris ; aucune oeuvre de Bazille n'y est présentée. Le drame de 1870 a emporté la vie de Frédéric Bazille et tourné la page d'un moment à nul autre pareil dans l'histoire de l'art, la jeunesse de l'impressionnisme.

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