Musée d'Orsay: La Commune photographiée

La Commune photographiée

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Y. BondyPortrait de garde national mort au combat probablement réalisé dans un hôpital parisien© Montreuil, musée de l'Histoire vivante
La Commune de Paris est le premier grand événement de l'histoire de France à faire l'objet d'une couverture photographique d'envergure, à l'instar de la guerre de Sécession aux Etats-Unis quelques années auparavant. Cette abondante production photographique est en partie réunie dans une exposition dont le propos n'est pas l'histoire de la Commune, mais davantage un regard sur la manière dont cet événement fut perçu et envisagé par les photographes. Ces clichés, contrairement aux illustrations gravées, ont rarement été étudiés : que représentent-ils exactement ? par qui ont-ils été produits ? dans quelles conditions et dans quel but ? comment ont-ils été interprétés à l'époque ? Autant de questions auxquelles l'exposition tente d'apporter un début de réponse.

La vision de la Commune que propose la photographie est différente de celle offerte à la même période par les représentations gravées et dessinées. Plus statique, moins dramatique et généralement moins partisane. Une fraction seulement des photographes professionnels en activité à Paris à cette période est descendue dans la rue pour documenter l'insurrection : images précieuses (barricades et groupes d'insurgés autour de l'Hôtel de Ville et de la place Vendôme, les deux centres de l'insurrection), encore bridées par des contraintes techniques, et d'où se dégage l'ensemble réalisé par Bruno Braquehais. Parcourant la capitale inlassablement à la recherche de nouveaux sujets, Braquehais est sans doute le photographe à avoir manifesté le plus d'intérêt pour l'insurrection et les insurgés. En revanche les photographes sont restés aveugles face aux combats et à la répression : les images de morts qui nous sont parvenues ont été essentiellement réalisées à la demande du gouvernement de la Commune, à des fins administratives, dans les morgues et les hôpitaux pour identifier les gardes nationaux morts au combat. Ces clichés ne firent l'objet d'aucun commerce.

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