Musée d'Orsay: Degas Danse Dessin. Hommage à Degas avec Paul Valéry

Degas Danse Dessin. Hommage à Degas avec Paul Valéry

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Edgar DegasAutoportrait dans sa bibliothèque© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
Entreprises éditoriales

Dès sa rencontre avec Degas, Valéry projette d'écrire un ouvrage sur le grand peintre. Dans ses Cahiers, tenus au quotidien, il note des propos du peintre et des idées inspirées par ses conversations avec lui, qui serviront de base pour son ouvrage rédigé près de quarante ans après sa rencontre avec l'artiste.
Dès 1899, il esquisse une idée de titre : "Monsieur D- ou la peinture". Mais ce n'est que vingt ans plus tard, en 1929, qu'il propose au marchand et éditeur de livres d'art Ambroise Vollard un projet de livre sur Degas. Le titre en sera Degas Danse Dessin, très vite abrégé en DDD.

Vollard avait connu Degas en 1894, dans sa galerie rue Lafitte. Un des experts des ventes de l'atelier de l'artiste, il y fait l'acquisition de très nombreuses oeuvres, dont beaucoup de dessins de danseuses des années 1880-1900.
Paul Valery Autoportrait© Bibliothèque nationale de France
Auteur de textes sur Degas, il est aussi éditeur de son travail, sous forme d'album de reproductions et d'illustrations : ainsi, il publie en 1934 La Maison Tellier de Maupassant avec des monotypes de maisons-closes de Degas.

Il aura fallu huit années de préparations pour que le DDD voie le jour, en 1937, dans une édition de luxe tirée à 305 exemplaires et vendue à un prix élevé (l'équivalent de plus de 1000 euros).
Ce livre constitué d'un dialogue entre le texte et les gravures des dessins de Degas, en vignettes in-texte et en planches hors-texte, est un véritable livre d'art, qui compte parmi ses premiers acheteurs la danseuse Ida Rubinstein et Picasso.

 

Edgar DegasEtude d'apès L'Artémis du Parthénon© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Michel Urtado
Degas, fou de dessin

"Degas, fou de dessin, anxieux personnage de la tragi-comédie de l'Art Moderne (…)" : pour décrire Degas qui plaça le dessin au coeur de son art, Valéry se réfère implicitement à l'artiste japonais Hokusaï surnommé "vieux fou de dessin".

Les ventes de l'atelier de l'artiste en 1918 et 1919 révèlent au public l'ampleur de son travail et notamment le nombre vertigineux de dessins accumulés depuis les années de jeunesse, qu'il avait pris le soin de garder près de lui au cours de ses successifs déménagements d'ateliers.

Suivant le conseil que lui avait prodigué Ingres, il commence par se confronter aux maîtres qui l'ont précédé par le biais de l'exigeant exercice de la copie.
Durant son long séjour en Italie, de 1856 à 1860, puis au Louvre et au cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale, mais aussi dans des collections privées, il étudie les antiques, les maîtres du XVIIe siècle, les italiens du XVe et du début du XVIe siècle… Il se nourrit aussi des grands artistes de son siècle dont il collectionne les oeuvres, en particulier Ingres et Delacroix.

Edgar DegasEtude pour Sémiramis construisant Babylone© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Tony Querrec
La figure est son sujet de prédilection : nue, drapée, en mouvement ou à travers le portrait… elle est étudiée sous tous les angles par le dessin, à la fois pour préparer ses tableaux et comme exercices autonomes où Degas vise à une forme de perfection dans le fragment : telle étude de nu pour Scène de guerre au Moyen Age, de draperie pour Sémiramis construisant Babylone ou de visage pour La Famille Bellelli sont de véritables chefs-d'oeuvre.

Ces feuilles témoignent de la très haute exigence de l'artiste, tout à la fois "travaillé par un souci aigu de vérité" et "possédé d'un génie rigoureusement classique", pour reprendre les mots de Valéry.

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