Musée d'Orsay: Charles Gleyre (1806-1874). Le romantique repenti

Charles Gleyre (1806-1874). Le romantique repenti

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Survivre à l'Orient

Charles GleyreIntérieur du temple d'Amon, Karnak© Reproduced with permission of the Trustee of the Lowell Institute
Le voyage de plus de trois années qui a entraîné Charles Gleyre de l'Italie jusqu'au Soudan avant de le ramener en France via Beyrouth est certainement l'aventure de sa vie ; par son intensité sublime – éblouissante et cauchemardesque à la fois –, elle constitue une expérience exceptionnelle qui le distingue de ses confrères.

Dans les années 1830, en effet, les plus courageux ne se risquent pas au-delà de la Grèce – tout juste libérée du joug ottoman –, des côtes turques et du Maghreb colonisé par les troupes françaises.
Aussi le périple de Gleyre n’a-t-il rien de commun avec la confortable mission diplomatique qu'Eugène Delacroix a accompagnée au Maroc deux ans auparavant.

Las de stagner sans succès à Rome depuis quatre ans, Gleyre se met au service d'un riche voyageur et philanthrope américain, John Lowell Jr. Ce dernier défraie son protégé qui doit en échange dessiner les sites archéologiques parcourus et les costumes des populations rencontrées.
Si Gleyre, dans un premier temps, partage l'enthousiasme de son mécène et réalise de superbes aquarelles de Pompéi jusqu'à Louxor, les conditions de plus en plus épuisantes et dangereuses du voyage, émaillé de dysenteries, d'insolations par 45 °C dans le désert nubien et d'une grave infection oculaire, ont raison des forces et du moral du jeune peintre.

Conscient de risquer sa carrière en suivant un homme qui défie la mort – Lowell meurt six mois plus tard à Bombay –, Gleyre se sépare de son mécène à Khartoum après dix-huit mois de route commune. Il met plus de deux ans à atteindre la France, au péril de sa vie.

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