Musée d'Orsay: Léon Spilliaert (1881-1946). Lumière et solitude

Léon Spilliaert (1881-1946). Lumière et solitude

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Autoportraits en somnambule

Léon SpilliaertAutoportrait au miroir© Mu.ZEE, Steven Decroos, 2017
Comme beaucoup d'artistes, Spilliaert trouve en lui-même un modèle toujours prêt et réalise de nombreux autoportraits entre ses vingt-et-un et vingt-huit ans. Ses premiers autoportraits, datés de 1902-1903, restituent fidèlement l'aspect âpre et brusque de sa physionomie tourmentée. Il explore les possibilités du genre avec beaucoup d'intensité jusque dans les années 1907-1908, période décisive qui voit naître l'essentiel de cette production.

Il se représente toujours en veston sombre et col blanc, et non en artiste bohème. Il choisit parfois un cadrage serré, qui met en valeur l'intensité de son regard en train de se scruter lui-même. Parfois, au contraire, il s'inscrit dans un espace plus vaste : l'espace de création, souvent oppressant par le jeu des emboîtements de cadres et la répétition de lignes droites qui l'enferment comme dans une cage. Il s'y dessine entouré d'objets familiers mais inquiétants : manteaux-dépouilles, horloges et éphémérides qui rappellent l'implacable passage du temps, miroir-gouffre prêt à happer sa fragile image… Même s'il se figure parfois devant son chevalet, c'est moins la représentation de l'artiste qui l'intéresse que l'exploration de son identité, dans le silence et la solitude. Cette quête de soi conduit l'artiste à une déformation monstrueuse proche de l'hallucination nocturne, l'autoportrait en somnambule.

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