Musée d'Orsay: Spectaculaire Second Empire, 1852-1870

Spectaculaire Second Empire, 1852-1870

1

2

3

4

5

6

7

La villa pompéienne et le goût néo-grec

Gustave BoulangerRépétition du "Joueur de flûte" et de la "Femme de Diomède" chez le prince Napoléon© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Adrien Didierjean
La société du Second Empire théâtralise son cadre de vie. Les intérieurs, lieux de représentation, se font les écrins des fantasmes du passé ou de l'ailleurs pour une bourgeoisie pétrie de romantisme.
Parmi les styles en vogue, le goût de l'Antiquité classique et le style néo-grec connaissent un regain d'intérêt.

La villa pompéienne du prince Napoléon-Jérôme, cousin de l'empereur, en est la plus parfaite illustration. Œuvre d'art totale, la villa est édifiée au 18 de l'avenue Montaigne par l'architecte Alfred Normand pour le prince et sa maîtresse, la tragédienne Rachel.
L'intérieur synthétise l'approche, jusqu'alors approximative, des modèles grecs et pompéiens. Malgré le décès de Rachel en 1859, la villa est inaugurée lors d'une soirée en février 1860, en présence des souverains et de la princesse Mathilde, cousine de l'empereur. Les acteurs de la Comédie-Française viennent jouer plusieurs pièces d'Emile Augier et d'Alexandre Dumas.

Rapidement déserté par le commanditaire, en bute à la réprobation de sa jeune épouse Marie-Clotilde de Savoie, l'édifice est vendu en 1866, dégradé pendant la Commune en 1871 et rasé en 1891.

Reflet de l'éclectisme de l'époque, cette folie voisinait avec la maison mauresque de Jules de Lesseps sise au 22 et un palais néogothique de l'architecte Jean-Baptiste Lassus au 20 de la même voie.

Néogothique et renouveau catholique
Emmanuel LansyerLe château de Pierrefonds© RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
Le Second Empire marque le point d'orgue des recherches autour du style gothique tel qu'il est prôné par Viollet-le-Duc, théoricien et "restaurateur" des grands monuments de la France médiévale, comme le château de Pierrefonds ou les fortifications de Carcassonne.
Dans cette même veine, l'architecte préféré du couple impérial dessine pour le Trésor de Notre-Dame de Paris le grand ostensoir et le reliquaire de la Sainte Couronne d'épines.
Exécuté par l'orfèvre Froment-Meurice, ce chef-d'oeuvre est présenté à l'Exposition universelle de Londres en 1862. Viollet-le-Duc est par ailleurs l'auteur des dessins du dais de procession tissé par la Manufacture de Beauvais pour la cathédrale de Marseille.

Si le Second Empire voit le triomphe du positivisme et une forte montée des sentiments anticléricaux, il apparaît aussi comme un temps de regain de la foi catholique.
Le budget des cultes augmente, de nouvelles églises sont édifiées et de nouveaux pèlerinages sont institués, comme celui de Lourdes, où la Vierge Marie apparaît dix-huit fois à Bernadette Soubirous en 1858 et qui demeure l'un des plus célèbres.

1

2

3

4

5

6

7


Augmenter la taille du texte Réduire la taille du texte Envoyer à un ami Imprimer
Facebook
TwitterInstagramYouTube