Musée d'Orsay: Spectaculaire Second Empire, 1852-1870

Spectaculaire Second Empire, 1852-1870

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L'éclectisme des intérieurs

Baccarat, Emile BeletVase (d'une paire)© Collection du Mobilier national © Isabelle Bideau
Reflet de la diversité de sa société et des fortunes récentes, le Second Empire ose les tentatives stylistiques les plus diverses, oscillant du néo-grec au néogothique, en passant par l'orientalisme et le japonisme.
A la fois preuve d'audace et de conservatisme, ce développement des revivals, déjà présent sous la monarchie de Juillet, se poursuit sous l'Empire.
Cet encyclopédisme des sources ornementales fait l'objet de publications telle que The Grammar of Ornament (Owen Jones, 1856), qui contribuent à une meilleure connaissance des motifs et à leur large diffusion.

Le néogothique trouve son expression profane la plus aboutie dans les restaurations des châteaux de Pierrefonds (Oise) et de Roquetaillade (Gironde) ou encore dans l'édification du château d'Abbadia à Hendaye sur la Côte basque.
Bâtie sur une falaise dominant l'Atlantique par un élève de Viollet-le-Duc, Edmond Duthoit, pour une famille de monarchistes anglophiles, la demeure est l'expression d'une synthèse savante et moderne entre les répertoires gothique et islamique, réunis par un même goût pour la polychromie.
La Renaissance apparaît également comme un des styles favoris des nouveaux commanditaires, à l'image du luxueux hôtel de la marquise de Païva, magistrale synthèse stylistique illustrée ici par l'une des consoles du grand salon et de précieux velours.

Chez les collectionneurs et financiers, le goût pour les objets des XVIIe et XVIIIe siècles reste une constante qui conditionne la construction et la distribution des hôtels particuliers et demeures.
Le plus bel exemple est le château de Ferrière, édifié en Seine-et-Marne par l'architecte anglais Paxton pour la famille du grand banquier James de Rothschild.

Les lumières de la "fête impériale"
Henri BaronFête officielle au palais des Tuileries pendant l'Exposition Universelle de 1867© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Droits réservés
L'image de la "fête impériale" a longtemps nuit à la postérité du Second Empire. L'organisation de réceptions somptueuses relève pourtant d'une volonté politique de prestige.
Jeune et cosmopolite, la cour soutient l'industrie du luxe et contribue à faire de Paris la capitale des divertissements en Europe.

Trois à quatre mille invités se pressent régulièrement aux grands bals donnés aux Tuileries pendant l'hiver. A l'occasion des réceptions officielles, comme celle, en 1855, de la reine Victoria, ou celle du roi d'Espagne en août 1864, l'Empire renoue avec les fastes du Versailles de Louis XIV.
La visite du roi de Prusse et du tsar de Russie, lors de l'Exposition universelle de 1867, donne lieu à l'une des réceptions les plus fastueuses de l'époque.

Pendant le carnaval, l'impératrice qui aime se déguiser, goût qu'elle partage avec la comtesse de Castiglione, organise des bals costumés. Elle y apparaît en dogaresse, en odalisque, en costume du XVIIIe siècle, témoignage de son intérêt pour Marie-Antoinette.
A Compiègne, les fameuses séries, organisées trois ou quatre fois par saison, de la fin octobre à la mi-décembre, réunissent écrivains, compositeurs, peintres et hommes politiques.

Lors des soirées animées par le comte de Nieuwerkerke au Louvre ou la princesse Pauline de Metternich à l'ambassade d'Autriche, on improvise des tableaux vivants et autres jeux de société.
Ainsi se construit l'image d'un régime placé sous le signe de la fête perpétuelle.

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