Musée d'Orsay: Spectaculaire Second Empire, 1852-1870

Spectaculaire Second Empire, 1852-1870

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Les théâtres sous l'Empire

Dessin
Alphonse Crépinet, Alphonse BotrelProjet pour le Nouvel Opéra, vue perspective© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / René-Gabriel Ojéda
Le nouvel Opéra de Charles Garnier, monument le plus célèbre et le plus spectaculaire du Paris d'Hausmann, demeure l'un des plus emblématiques du style Napoléon III, selon la réponse que l'architecte fit, dit-on, à l'impératrice Eugénie lorsqu'elle lui demanda de quel style il était.
Mais il ne doit pas occulter la richesse et la diversité de ce que fut le monde du spectacle sous l'Empire.

A l'Opéra triomphent Verdi et Meyerbeer, mais Wagner fait scandale avec son Tannhäuser (1861). Le Théâtre-Lyrique est le lieu du renouveau avec Gounod et Bizet.
Pour percer le boulevard du Prince-Eugène, Hausmann détruit le boulevard du Temple et ses salles réservées à des spectacles populaires, entraînant la reconstruction de nombreux théâtres comme ceux de la place du Châtelet, le Vaudeville, le Gymnase ou la Gaîté.
Sculpture
Jean-Baptiste Carpeaux Eugénie Fiocre© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
Le décret de libéralisation des théâtres de 1864 permet la floraison de nouvelles scènes, ouvertes à un nouveau répertoire, et voit l'émergence de personnalités dont les noms sont pour toujours attachés à la période : Jacques Offenbach, créateur de l'opéra-bouffe, triomphe aux Bouffes-Parisiens puis aux Variétés avec La Belle Hélène (1864), La Vie parisienne (1866) ou La Grande-Duchesse de Gerolstein (1867), autant de succès qu'il partage avec sa chanteuse star, Hortense Schneider.

Le théâtre est dominé par les comédies de moeurs de Dumas fils, Victorien Sardou et les vaudevilles de Labiche dont Un chapeau de paille d'Italie (1851) et Le Voyage de Monsieur Perrichon (1860) devaient assurer sa gloire.
Les classes populaires se tournent vers les nouveaux cafés-concerts, L'Eldorado (1858) ou le Ba-ta-clan (1864), où l'on vient écouter des chanteurs populaires comme Thérésa, première vedette de l'histoire de la chanson.

Nouveaux loisirs, nouvelle peinture
SNM110584 La Grenouillere, 1869 (oil on canvas) by Renoir, Pierre Auguste (1841-1919); 66.5x81 cm; © Nationalmuseum, Stockholm, Sweden; French,  out of copyright
Pierre-Auguste RenoirLa Grenouillère© Photo: Nationalmuseum
Les années 1850 marquent l'avènement des loisirs modernes. Les nombreux théâtres et cafés-concerts qui voient le jour dans la capitale ne sont pas les seuls divertissements et moyens d'évasion recherchés par les différentes classes sociales.
Pour fuir la rue et son agitation il n'est pas nécessaire d'aller loin, et les jardins, qu'ils soient de création récente, comme celui des Buttes-Chaumont, ou historiques, comme celui des Tuileries, s'offrent comme des havres de paix et de loisirs.
Adolf von Menzel, alors qu'il réside à Paris en 1867, a su saisir les deux visages de la ville, la rue animée où l'on s'active et les jardins où l'on se retrouve à l'ombre des arbres.

Non loin de Paris, sur les bords de la Seine, dans l'île de la Chaussée à Croissy, La Grenouillère, avec son restaurant et sa salle de bal, est un rendez-vous populaire où l'on vient faire du canotage et où les peintres Monet et Renoir trouvent le sujet moderne adéquat à leur nouvelle manière de voir.

C'est aussi le temps de la villégiature et du tourisme balnéaire que l'extension du chemin de fer facilite.
La Côte normande et la Côte basque sont les destinations privilégiées de l'aristocratie et des nouvelles fortunes industrielles et financières.

Napoléon III fait construire pour l'impératrice une villa à Biarritz et des investisseurs privés bâtissent les stations balnéaires de Cabourg, Deauville ou Arcachon.
Comme sur les boulevards, le monde et le demi-monde y paradent.

Les peintres "de la vie moderne" se saisissent de ces nouveaux usages, comme Eugène Boudin, qui fait du rivage et des ciels changeants l'un de ses sujets de prédilection, ou Claude Monet, qui passe l'été 1870 à Trouville et y immortalise l'hôtel des Roches noires (célèbre palace ouvert en 1866).

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