Musée d'Orsay: Spectaculaire Second Empire, 1852-1870

Spectaculaire Second Empire, 1852-1870

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Le Salon ou la scène de l'art

Gustave Le GraySalon de 1852, Grand Salon mur nord© Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Alexis Brandt
Manifestation artistique deux fois centenaire, le Salon domine encore largement le monde des arts à Paris sous le Second Empire.
Chaque année ou tous les deux ans, des milliers d'artistes soumettent leurs oeuvres à un jury d'académiciens et au regard d'un public toujours plus nombreux, dont les travers font la joie des caricaturistes.

Malgré le développement de quelques galeries privées, la gloire, les achats de l'Etat et les commandes ne s'obtiennent qu'au Salon. Les critiques y déplorent régulièrement la mort de la grande peinture d'histoire et le triomphe des genres mineurs que sont le portrait, le paysage ou la nature morte.
En ces temps d'abondance et de crise esthétique, aucune école ne semble dominer. Eclectique et profus, le Salon accueille aussi bien Delacroix, les élèves d'Ingres, les provocations réalistes de Courbet, les nus de Bouguereau, les fantaisies des peintres de genre et les mirages orientalistes.

En mai 1863, devant le nombre considérable d'oeuvres refusées (3 000 sur les 6 000 présentées) et la protestation des artistes, l'empereur désavoue l'Académie – bastion de l'opposition monarchiste – et institue un "Salon des refusés", qui laisse le public juge de la qualité des oeuvres.
Le bon grain et l'ivraie s'y côtoient, mais l'histoire de l'art en retiendra l'achat par l'empereur de la Vénus de Cabanel et le scandale du Déjeuner sur l'herbe d'Edouard Manet, dont le sujet moderne et la manière franche choquent en ouvrant la voie à nouveau mode de représentation.

Les Expositions universelles ou le triomphe de l'Empire
Max BerthelinLe Palais de l'Industrie, vue perspective© Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
Voulues par l'empereur et soutenues par les grands industriels français (Emile Pereire ou Eugène Schneider) les Expositions universelles organisées à Paris en 1855 et 1867 témoignent de la prospérité de l'Empire.
En réponse à la première édition londonienne de 1851, Napoléon III ordonne dès mars 1852 la construction d'un "Palais de l'Industrie" sur les Champs-Elysées pour y accueillir une exposition française.

En 1867, l'Exposition s'étend sur le Champ-de-Mars pour accueillir d'avril à octobre le chiffre record de onze millions de visiteurs, dont une foule de têtes couronnées épatées par les nouveaux aménagements de Paris.
Ces foires d'un nouveau genre s'affirment comme le lieu de la rivalité commerciale entre les nations, et comme le symptôme spectaculaire d'une société fascinée par l'abondance de biens permise par la révolution industrielle. "L'Europe s'est déplacée pour voir des marchandises", écrit l'historien et philosophe Taine en 1855.

Chaise
Thonet FrèresChaise n°4© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Konstantinos Ignatiadis
La France et l'Angleterre, qui ont signé en 1860 un traité de libre-échange, mènent alors une véritable guerre en douceur pour la supériorité dans le domaine des arts appliqués.
Si la capacité industrielle de l'Angleterre est indéniable, l'innovation et la qualité des produits français triomphent et dominent le marché du luxe.

Les expositions contribuent également à brasser les particularismes nationaux et à cimenter une conscience culturelle européenne forte qui s'exprime par une lente standardisation des styles.
Si la notion de "chef-d'œuvre" reste déterminante pour les créateurs, le succès croissant des objets manufacturés comme les sièges en bois courbé de la firme Thonet annonce le rôle croissant de l'industrie dans l'histoire des arts décoratifs au XXe siècle.

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