Aristide Maillol (1861-1944). La quête de l'harmonie

Type
Exposition
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Du 12 avril au 21 août 2022
Méditerranée dit aussi La Pensée, Maillol, Aristide
Aristide Maillol, Méditerranée dit aussi La Pensée
musée d'Orsay, entre 1923 et 1927, 1977
©RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Thierry Ollivier
Chapeau
Depuis l’Hommage à Maillol organisé en 1961 au musée national d’art moderne pour le centenaire de sa naissance, Aristide Maillol n’a pas bénéficié de véritable monographie dans un musée parisien. Le musée d’Orsay lui consacre enfin une grande rétrospective. Malgré l’aspect intemporel de son travail, Maillol a joué un rôle crucial au début du XXᵉ siècle, lors de la naissance de la modernité.

Maillol est venu tard à la sculpture. D’abord peintre, il se tourne vers la tapisserie et les arts décoratifs. Mal connue, cette première partie de sa carrière, au cours de laquelle il regarde Gauguin et Puvis de Chavannes et tisse des liens étroits avec les Nabis, montre un artiste désireux de retrouver les principes du décor mural.

 

Il découvre la sculpture vers 1895 seulement, d’abord sur bois et de petites dimensions : Octave Mirbeau et Ambroise Vollard entre autres en reconnaissent les qualités. Des échanges d’œuvres avec Maurice Denis, Édouard Vuillard et Rodin témoignent du réseau qui se développe alors autour de lui et compte tout au long de sa carrière.

 

La rencontre avec le comte Kessler est décisive. L’exposition présente dans un face-à-face inédit la première Méditerranée réalisée pour son mécène (1905, Fondation Oskar Reinhart, Winterthur) et la seconde commandée dix-huit ans plus tard par l’État français (musée d’Orsay). Cette sculpture apparaît comme le manifeste du « retour à l’ordre » dont Maillol est un acteur majeur : proscrivant toute recherche d’expression, il instaure un nouveau classicisme et inscrit des corps féminins, à l’anatomie charpentée et sensuelle, dans des formes géométriques simples.

 

Maillol passe avec aisance de l’esquisse au monumental, dans des allers-retours continuels. L’imposant Monument à Cézanne constitue le pivot d’une section qui invite à plonger dans son processus créateur. L’exposition se clôture par une sélection resserrée de grandes figures, aboutissement d’un parcours dans lequel la recherche d’une perfection formelle tient une place essentielle.

Commissariat

  • Antoinette Le Normand-Romain, directrice générale honoraire de l’Institut National d’histoire de l’art, conservateur général honoraire du patrimoine
  • Ophélie Ferlier-Bouat, conservatrice sculpture au musée d’Orsay