Autour de Louis Robert : la photographie à Sèvres sous le Second Empire

Type
Exposition
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Du 10 juin au 31 août 1997
Henri-Victor Regnault-Ouvriers au repos, Sèvres
Henri-Victor Regnault
Ouvriers au repos, Sèvres, Vers 1852
©photo musée d'Orsay, Alexis Brandt/DR

Cette exposition-dossier a retracé, à travers une soixantaine d'épreuves provenant des collections publiques et privées, un jalon important de l'histoire de la photographie française sous le Second Empire : l'implantation, à la Manufacture de porcelaine de Sèvres, au début des années 1850, d'un petit cercle d'amateurs de photographie, et son évolution, tout au long du Second Empire.
Sous l'impulsion de son directeur Henri-Victor Regnault (1810-1878), père du peintre Henri Regnault, savant et passionné de photographie dont il fut en France l'un des grands pionniers, la photographie fit son apparition à Sèvres au début des années 1850. C'est peut-être lui qui initia Louis Robert (1810-1882), issu d'une dynastie de peintres de la Manufacture et lui-même chef des ateliers de peinture et de dorure de 1848 à 1871, à la technique du négatif papier. Les deux hommes réalisèrent des paysages, des études d''après nature, qui comptent parmi les oeuvres les plus importantes des débuts de la photographie en France, mais également des portraits de proches, et pour Louis Robert, des natures mortes, photographies de pièces de la Manufacture et du musée de la Céramique, à la précision incomparable.
Membres actifs de la Société française de photographie créée en 1854 (Regnault en devint le premier président dès 1855), ils eurent une influence décisive sur l'enracinement de la pratique de la photographie à Sèvres. Sous l'impulsion de Louis Robert, un atelier de photographie s'y créa dans les années 1850 ; cet atelier, aux visées essentiellement documentaires et publicitaires, produisit quelques-unes des plus belles natures mortes de l'époque. C'est également dans son entourage que, à partir de 1855 et jusque dans les années 1870, d'autres peintres et doreurs de la Manufacture livrèrent des scènes de genre d'une grande originalité, évocation de la vie bourgeoise ou véritables "tableaux vivants", à mi-chemin des préoccupations des pionniers de la décennie précédente et de la photographie commerciale du Second Empire. A travers l'histoire de plusieurs familles d'artistes, attachées à la Manufacture, c'est également l'évolution de la photographie sous le Second Empire à laquelle cette exposition nous conviait.

Commissariat

  • Quentin Bajac, conservateur au musée d'Orsay