Autour d'une sculpture : La Méditerranée de Maillol

Type
Exposition
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Du 09 décembre 1986 au 01 mars 1987
Aristide Maillol-Méditerranée dit aussi La Pensée
Aristide Maillol
Méditerranée dit aussi La Pensée, Entre 1923 et 1927
©RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski/DR

Aristide Maillol (1861-1944) n'a cessé d'être préoccupé par l'idée d'une architecture parfaite. Le corps humain, aux courbes impeccables et aux proportions géométriques harmonieuses, dominera son oeuvre entière.
Peintre devenu sculpteur, une de ses premières grandes oeuvres sera une femme accroupie, peinte, dessinée, tissée et enfin sculptée : La Baigneuse ou La Vague. Cette femme accroupie traversera son oeuvre et le hantera dans tous ses essais. "Je cherche à ramasser les membres, disait-il, on entre dans une sculpture comme on entre dans une maison". La femme accroupie, amplifiée, construite, donnera naissance à une monumentale sculpture de plein air, La Nymphe, et sous de multiples états conservés ou détruits, elle deviendra enfin, La Méditerranée.
Aux oeuvres trop subordonnées à la réalité, Maillol préférait l'invention.
Ainsi, La Méditerranée deviendra la première sculpture moderne de l'art statuaire du XXe siècle. Cette rupture que Maillol opère avec la tradition narrative et descriptive de la représentation sous-tend une remise en cause fondamentale de l'art. Ses sculptures sont des pensées abstraites. Récusant le moule de l'académisme et l'éloquence du XIXe, l'artiste lui oppose la recherche de la forme pure et crée une sculpture libérée de tout contenu, littéraire, mythique ou religieux. "Elle est belle, elle ne signifie rien, c'est une oeuvre silencieuse", écrira André Gide à propos de La Méditerranée.
Toutes les grandes tendances de la sculpture moderne, allant du cubisme à l'abstraction, trouvent leur origine dans cette révolution silencieuse que le public découvrit avec La Méditerranée au Salon d'Automne de 1905.

Commissariat

  • Dina Vierny et Bernard Lorquin, musée Maillol, et Antoinette Le Normand-Romain, conservateur au musée d'Orsay