Gauguin et le Christ jaune

Type
Exposition
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Du 16 octobre 1996 au 05 janvier 1997
Paul Gauguin-Portrait de l'artiste au Christ jaune
Paul Gauguin
Portrait de l'artiste au Christ jaune, Entre 1890 et 1891
©RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / René-Gabriel Ojéda/DR

Ont été réunis pour la première fois, autour de l'Autoportrait au Christ jaune (1889-1890) de Gauguin, le Christ en bois polychrome, oeuvre du XVIIe siècle conservée dans la chapelle de Trémalo, près de Pont-Aven, et le tableau intitulé Le Christ jaune (l'Albright-Knox Art Gallery de Buffalo).
Gauguin nourrissait le projet d'un triple autoportrait composé de son image inversée dans le miroir, d'une partie du Christ jaune (le visage du Christ, qui reprend les propres traits de l'artiste), également inversée dans le miroir, l'ensemble complété par un pot à tabac qui représentait sa propre tête.
Le Pot autoportrait en forme de tête de grotesque, conservé au musée d'Orsay, complète cette vision du peintre et de son travail: son masque grimaçant évoque l'une des multiples facettes de la personnalité de Gauguin, celle d'un homme à l'énergie farouche et marqué par les souffrances ; sa facture oscille entre le synthétisme et le primitivisme. Le Christ jaune, image emblématique de l'artiste, est largement inspiré du crucifix breton ; l'atmosphère religieuse et la vision douloureuse qui émanent de cette toile séduiront des peintres comme Maurice Denis ou Paul Ranson.
Quelques mois avant son départ pour Tahiti, l'artiste avait choisi de se représenter en des oeuvres fortes et symboliques. L'Autoportrait au Christ jaune, véritable manifeste de l'artiste, est comme l'annonce métaphorique d'une rédemption par le primitif et le sauvage.

Commissariat

  • Isabelle Cahn, chargée d'études documentaires au musée d'Orsay