Exposition

Edward Burne-Jones (1833-1898) Un maître anglais de l'imaginaire

Du 04 mars au 06 juin 1999
Edward Burne-Jones-Le Chant d'Amour
Edward Burne-Jones
Le Chant d'Amour, 1868
©The Metropolitan Museum of Art/DR

1998 marque le centenaire de la mort d'Edward Burne-Jones (Birmingham 1833 - Fulham 1898), figure essentielle de l'art anglais de la fin du XIXe siècle.
Pour commémorer cet événement, le Metropolitan Museum of Art de New York, le musée de Birmingham, le Musée d'Orsay et la Réunion des musées nationaux organisent la première grande rétrospective internationale consacrée à cet artiste qui, après New York et Birmingham, est présentée à Paris.

Edward Burne-Jones-Le Pélican
Edward Burne-Jones
Le Pélican, Vers 1880
©William Morris Gallery/DR

La place considérable qu'occupa Burne-Jones dans l'art de son temps s'explique par l'ambition et la diversité de ses réalisations. S'il apparaît au début de sa carrière comme la figure principale de la seconde génération des Préraphaélites, Burne-Jones trouve rapidement les moyens d'une expression personnelle et originale qui fait de lui l'un des grands précurseurs du symbolisme européen de la fin du siècle.

Edward Burne-Jones-Portrait de Maria Zambaco
Edward Burne-Jones
Portrait de Maria Zambaco, 1870
©Clemens-Sels Museum/DR

Sa vocation artistique prend un tour décisif lorsqu'il rencontre William Morris alors qu'ils sont tous deux étudiants en théologie à l'Exeter College d'Oxford.
C'est ensemble qu'ils décident en 1855 de se consacrer respectivement à la peinture et aux arts décoratifs. En dehors de quelques leçons informelles reçues de Rossetti, Burne-Jones apparaît comme un autodidacte. Au cours de la première partie de sa carrière (1856-1862), il exécute essentiellement des dessins et des aquarelles d'inspiration romantique et littéraire (Sidonia von Bork, Londres, Tate Gallery ; Le Chevalier miséricordieux, musée de Birmingham). Encouragé par Ruskin, qui l'accompagne lors de son second voyage en Italie en 1862, il commence alors à développer un style plus personnel où l'influence de Rossetti se fond avec les emprunts aux maîtres de la Renaissance et de l'âge classique ( La Lamentation, Londres, William Morris Gallery ; Le Chant d'amour, New York, Metropolitan Museum of Art).

Edward Burne-Jones-L'Arbre du Pardon
Edward Burne-Jones
L'Arbre du Pardon, 1881-1882
©National Museums and Galleries on Meyerside/DR

Se consacrant de plus en plus à la peinture, Burne-Jones participe à la première exposition de la Grosvenor Gallery en 1877, qui marque sa consécration définitive sur la scène artistique anglaise avec la présentation d'oeuvres telles que L'Enchantement de Merlin (Liverpool, National Museum on Meyerside).
Les années 1880 sont celles de quelques-uns de ses grands chefs-d'oeuvre, avec des évocations d'un passé médiéval chevaleresque (Le Roi Cophétua et la Mendiante, Londres, Tate Gallery) ou de Michel-Ange (La Roue de la Fortune, musée d'Orsay ), ou encore des poèmes visuels d'esprit whistlerien (L'Escalier d'Or, Londres, Tate Gallery).
En outre, la passion de Burne-Jones pour les récits mythologiques ou légendaires, combinée à son ambition décorative, l'amène à travailler souvent par cycles. Ainsi, l'exposition permet de découvrir la totalité du Cycle de Persée (musée de Southampton) ou celui de La Belle au bois dormant (musée de Ponce, Porto Rico ; Wilmington, Delaware Art Museum) qui comptent parmi les plus remarquables créations du peintre.

Edward Burne-Jones-Saint Marc
Edward Burne-Jones
Saint Marc, 1874-1883
©Birmingham Museum and Art Gallery/DR

L'intérêt de Burne-Jones pour les arts décoratifs ne se démentit jamais. Après avoir fourni, dès les années 1860, des cartons de vitraux à de nombreuses firmes il devint, dès sa création en 1874, l'un des principaux designers de la William Morris Company dont certaines des réalisations sont présentées dans l'exposition. Cette collaboration donna aussi lieu à de grandes réussites dans le domaine de la tapisserie, avec la spectaculaire série du Saint Graal (musée de Birmingham) présentée dans sa totalité, et de l'illustration pour la Kelmscott Press (Oeuvres de Chaucer). On retrouve également dans l'exposition des pièces exceptionnelles - un piano peint, des bijoux, des faïences décorées... - qui soulignent la multiplicité et l'inventivité de son travail de designer et de décorateur. L'exposition montre aussi l'importance de l'oeuvre dessiné de Burne-Jones en rassemblant des études pour des tableaux, des pièces décoratives et des compositions réalisées pour des illustrations.
Cette exposition est donc l'occasion de découvrir à Paris l'artiste anglais le plus important et le plus reconnu de la fin du XIXe siècle. Son oeuvre qui fut notamment présente aux Expositions Universelles de Paris de 1878 et 1889 rencontra l'accueil enthousiaste de Puvis de Chavannes ou de Gustave Moreau. L'univers profondément poétique de Burne-Jones, entièrement dédié à l'imaginaire, n'a sans doute aujourd'hui rien perdu du pouvoir de fascination qu'il exerça au siècle dernier.