Exposition

Klinger / Brahms gravure, musique et fantaisie

Du 02 octobre 2001 au 13 janvier 2002
Max Klinger-Dans l'herbe, Brahmsphantasie, opus XII - page 12
Max Klinger
Dans l'herbe, Brahmsphantasie, opus XII - page 12, 1893
©Gerstenberger, Museum der bildenden Künste/DR

Plutôt que de montrer la totalité de l'oeuvre de Klinger– soit près de 400 planches – cette exposition présentera pour la première fois en France, la Brahmsphantasie, publiée en 1894, une spectaculaire partition de vingt-six mètres de long. Mieux que toute autre, elle permet d'apprécier pleinement la richesse d'invention et la maîtrise technique de Klinger.
En découvrant les partitions originales de Brahms qui ont inspiré Klinger, le visiteur saisira le rapport singulier qui s'est établi entre les deux artistes : rapport d'abord distant, lentement établi sur une vingtaine d'années, mais qui s'est magnifiquement conclu par la dédicace à Klinger des Quatre Chants sérieux, un an avant la mort du compositeur.

Max Klinger-Evocation, Brahmsphantasie, opus XII - page 14
Max Klinger
Evocation, Brahmsphantasie, opus XII - page 14, 1893
©Gerstenberger, Museum der bildenden Künste/DR

Max Klinger, excellent musicien amateur, nourrissait pour Brahms – son ainé de vingt-quatre ans – une admiration éperdue. Ses premières tentatives de gravures laissèrent Brahms sceptique. Mais à la lecture des épreuves de la Brahmsphantasie, le compositeur écrivit à Klinger : "Je vois la musique...à mon insu, vos dessins me transportent ; en les contemplant, il me semble que la musique continue à résonner dans l'infini et exprime ainsi tout ce que j'aurais voulu dire, plus clairement que le pouvait la musique et, en même temps, avec autant de mystère et d'anticipation.
Quelquefois je vous envie de pouvoir être aussi clair avec votre crayon.
Quelquefois, je me réjouis de ne pas l'être. Mais finalement je dois penser que tout art est la même chose et s'exprime à travers le même langage".

Max Klinger-L'enlèvement de Prométhée, Brahmsphantasie, opus XII - page 19
Max Klinger
L'enlèvement de Prométhée, Brahmsphantasie, opus XII - page 19, 1894
©Gerstenberger, Museum der bildenden Künste/DR

Brahms avait compris que le travail de Klinger allait bien au-delà de la stricte illustration. Le graveur était parvenu, selon ses propres termes, "à contempler, prolonger, combiner ou compléter la musique", en somme "à jeter un regard au-delà des sentiments".

Max Klinger-Prométhée délivré, Brahmsphantasie, opus XII - page 37
Max Klinger
Prométhée délivré, Brahmsphantasie, opus XII - page 37, 1894
©Gerstenberger, Museum der bildenden Künste/DR

Parallèlement aux gravures de Klinger, une sélection de manuscrits autographes de Brahms (portraits rares, partitions annotées de musique de chambre, correspondance prolixe avec son éditeur Fritz Simrock) permettra de retracer la vie du compositeur à travers son oeuvre pour cordes sans piano - oeuvres qui seront jouées au musée dans le cadre d'un "Festival Brahms".
Cette exposition bénéficie de prêts prestigieux et exceptionnels, grâce à la générosité du Museum der bildenden Künste de Leipzig, qui conserve le fonds principal de l'artiste, et de la Gesellschaft der Musikfreunde de Vienne.