Exposition

Nijinsky (1889-1950)

Du 24 octobre 2000 au 18 février 2001
Una Vincenzo Troubridge-Tête de Vaslav Nijinsky dans le Faune, de face
Una Vincenzo Troubridge
Tête de Vaslav Nijinsky dans le Faune, de face, Vers 1913
©Jonas Melin/DR

Le 8 avril 1950, Vaslav Nijinsky, danseur et chorégraphe, s'éteignait à Londres, à l'âge de 61 ans. Organisée conjointement par le musée de la Danse à Stockholm (3 mars-21 mai 2000) et le musée d'Orsay à Paris, cette exposition commémore le cinquantième anniversaire de cette disparition ; elle est présentée dans une version plus réduite au Museum für Kunst und Gewerbe de Hambourg pendant les mois de juillet et d'août 2000.
Né en 1889 à Kiev, formé à l'Ecole Impériale de Ballet de Saint-Pétersbourg, artiste des Théâtres Impériaux, Nijinsky dansa pendant dix ans, et ces courtes années suffisent à établir sa légende. Son destin est indissolublement lié à celui de Diaghilev, fondateur et directeur des Ballets Russes, une des plus grandes aventures artistiques de la première moitié du XXème siècle. Diaghilev transforma un jeune danseur spécialement doué en un créateur de formes nouvelles.

Auguste Rodin-Danseur, dit Nijinsky
Auguste Rodin
Danseur, dit Nijinsky, Vers 1912
©Adam Rzepka/DR

Danseur d'exception, personnalité mystérieuse et fascinante passée à la postérité comme l'interprète du Pavillon d'Armide, du Spectre de la rose, de Pétrouchka, Nijinsky est aussi un chorégraphe en avance sur son temps, propulsant l'art du ballet dans la modernité. Il fait partie des mythes de la danse, si peu nombreux.
Admiré par les artistes les plus divers, Jean Cocteau, Rodin, Oskar Kokoschka, Modigliani, Valentine Gross, Georg Kolbe, Una Troubridge, Max Jacob, Jacques-Emile Blanche, Léon Bakst, Marc Chagall, Eugène Druet, Adolphe De Meyer... Nijinsky leur servit de modèle, au gré des tournées qui entraînaient les Ballets Russes à travers l'Europe et les Etats-Unis. Tous cherchèrent à arrêter le mouvement et à pénétrer le mystère par tous les moyens, sculpture, peinture, pastel, dessin, gravure, photographie..., à entrer au coeur du processus physique et spirituel de métamorphose de l'interprète et de création du chorégraphe.

Léon Bakst-Costume pour Vaslav Nijinsky dans l'Après-midi d'un faune
Léon Bakst
Costume pour Vaslav Nijinsky dans l'Après-midi d'un faune, 1912
©Jonas Melin/DR

Nijinsky est le chorégraphe de quatre ballets : en 1912, L'Après-midi d'un faune, sur une musique de Debussy ; en 1913, Jeux, sur une musique du même compositeur, Le Sacre du printemps, sur une musique d'Igor Stravinsky ; et en 1916, Till Eulenspiegel, sur une musique de Richard Strauss.
Chef d'oeuvre d'une esthétique sans antécédent, Le Sacre du printemps constitue un des plus grands scandales de l'histoire du spectacle et en même temps marque à jamais la chronologie, puisque 1913, à la veille de la première guerre mondiale, devient dans les livres d'histoire "l'année du Sacre".

Vaslav Nijinsky-Masque
Vaslav Nijinsky
Masque
©Hoger Badekow/DR

Les chorégraphies de Nijinsky sont profondément novatrices, en rupture avec les conventions du ballet classique. L'artiste tend vers l'abandon de la narration, met au point un langage chorégraphique de mouvements anguleux, sans recours aux cinq positions et au vocabulaire traditionnels. Les professionnels de la danse continuent à interroger sans relâche ses créations.
En 1919, Nijinsky bascule dans la folie. Il s'exprime seulement par son "Journal", récit et quête mystique, et par de nombreux dessins déclinant à l'infini une figure géométrique unique, le cercle.
Les oeuvres présentées retracent le parcours du danseur et du chorégraphe grâce aux prêts consentis généreusement par de nombreuses institutions culturelles et par des collectionneurs privés, au premier rang desquels il faut mentionner John Neumeier, directeur du Ballet de Hambourg.