Rodolphe Bresdin (1822-1885). Un graveur solitaire

Type
Exposition
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Du 09 juillet au 07 octobre 1990

/DR

Rodolphe Bresdin - que Champfleury avait surnommé "Chien-Caillou" - fut un des maîtres incontestés de l'eau-forte. Indifférent à la gloire comme au succès, absorbé dans un rêve intérieur, cet étrange personnage n'en recueillit pas moins l'admiration de gens comme Baudelaire, Huysmans, Mallarmé ou Odilon Redon (qui fut son élève). Génie solitaire, il eut l'envergure d'un Rembrandt ou d'un Piranese par le côté visionnaire de son oeuvre.
Rodolphe Bresdin, tout comme Charles Meryon ou James Ensor, fut l'auteur d'un fabuleux répertoire fantastique. Ses paysages tourmentés et hallucinés ne sont pas sans évoquer les gravures fantastiques des Japonaiseries du peintre Hokusaï. Paysages désolés dans une atmosphère de cauchemar et de mort, nature hostile, fantasque et maladive, transparaissent dans La Comédie de la mort, Le Bon Samaritain, Le Gave ou L'Eclaircie dans la forêt. Ces gravures bizarres, mêlant en un savant dosage réalisme et imagination, n'en dénotent pas moins une maîtrise parfaite du jeu des ombres et des lumières, du blanc et du noir dont l'artiste se jouait en virtuose.
Des quelque cent cinquante planches gravées ou lithographiées qu'il laissa et dont l'intérêt vient à peine d'être découvert, le musée d'Orsay a présenté une sélection de soixante pièces environ, destinées à illustrer les différents aspects de son inspiration. Dessinateur avant tout, Bresdin sut aborder toutes les techniques : gravure, dessin, report et lithographie.

Commissariat

  • François Fossier, conservateur au département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale