Colonne Trajane à Rome, bas-relief de la face principale du piédestal

Eugène Viollet-le-Duc
Colonne Trajane à Rome, bas-relief de la face principale du piédestal
en 1836
mine de plomb sur papier contrecollé en plein
H. 48,0 ; L. 85,4 cm.
Don de la famille Viollet-le-Duc, 1882
© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski
Eugène Viollet-le-Duc (1814 - 1879)

A Rome, l'étonnante colonne Trajane, érigée en 113 par l'empereur Trajan (53-117) pour commémorer ses victoires contre les Daces, attire particulièrement les architectes. Charles Percier en présente un projet de restauration en 1789, Henri Labrouste - alors pensionnaire à la villa Médicis - un relevé pour son envoi de deuxième année en 1826, André Marie Chatillon une étude en 1913... Par ailleurs, elle joue dans l'identité française un rôle essentiel puisqu'elle a servi de modèle à la colonne Vendôme (1805-1810) élevée par Napoléon Ier à la gloire des armées victorieuses.
Viollet-le-Duc se montre rarement élogieux pour l'art romain qu'il considère comme un dérivé impur de l'art grec. Certaines réalisations font pourtant exception, notamment la colonne Trajane justement parce que, rompant avec l'héritage grec, elle lui semble issue directement du caractère romain. Dans son ouvrage Entretiens sur l'architecture (1863-1872), on peut lire que ce monumental geste commémoratif témoigne selon lui de "l'empreinte du génie politique et administratif des Romains", ainsi que des "idées d'ordre, de méthode, le sentiment du peuple dominateur poussé jusqu'au sublime".
Ce relevé très précis atteste de l'admiration que porte dès sa jeunesse Viollet-le-Duc à l'édifice. Il s'agit ici de la face principale du piédestal. L'inscription encadrée par deux personnages ailés explique que la hauteur de la colonne (30 m) correspond au niveau originel du sol entre les collines du Quirinal et du Capitole, avant que cette zone ne soit creusée pour la construction du Forum.

Oeuvre non exposée en salle actuellement