Génie gardant le secret de la tombe

Charles René de Saint-Marceaux
Génie gardant le secret de la tombe
en 1879
statue en marbre
H. 168,0 ; L. 95,0 ; P. 119,0 cm.
1879
© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / René-Gabriel Ojéda
Charles René de Saint-Marceaux (1845 - 1915)
Niveau médian, Terrasse Seine

Témoin du goût de Saint-Marceaux pour l'Italie, le Génie gardant le secret de la tombe fut exécuté à la suite de son deuxième séjour en Italie au début des années 1870. L'artiste admirait profondément la Renaissance florentine et Michel-Ange. Son Génie est ainsi directement inspiré des figures masculines de la chapelle Sixtine. Le corps se ramasse sur lui-même tout en s'imposant une torsion conforme aux compositions du grand sculpteur de la Renaissance. Avec une remarquable simplicité de lignes et de mouvement, Saint-Marceaux parvient, grâce à la disposition des membres, à construire une composition tournante. Le personnage s'enroule autour d'une urne funéraire, dans une attitude de défi. Contrastant avec le nu, le voile agité par le vent ponctue les volumes de zones d'ombres.
Une telle maestria dans la composition, l'expression puissante, la conception large vaut au sculpteur la médaille d'honneur en 1879. L'image fut popularisée par la gravure, à tel point que durant l'affaire Dreyfus, l'oeuvre sera détournée pour dénoncer l'officier faussaire et antisémite à l'origine de la condamnation du capitaine. Dans une caricature titrée "Le colonel Henry gardant le secret de l'Etat major", on voit un militaire protégeant jalousement l'urne des faux fabriqués par l'armée dans une attitude similaire à celle du Génie de Saint-Marceaux.