La Mosquée

Auguste Renoir
La Mosquée
en 1881
huile sur toile
H. 73,5 ; L. 92,5 cm.
Don de la Fondation Biddle en souvenir de Margaret Biddle, 1957
© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Martine Beck-Coppola
Auguste Renoir (1841 - 1919)

On ne sait quelle fête Renoir représente ici, à Alger, dans le décor des anciens remparts turcs détruits plusieurs décennies auparavant par l'armée française. La scène fourmille de personnages, foule gaie qui s'attroupe autour de cinq musiciens. Au loin, les coupoles et les minarets de la Casbah apparaissent, surplombant les eaux bleues de la Méditerranée.
Pour les peintres européens, la représentation des moeurs et des coutumes algériennes permet d'évoquer un ailleurs, loin de l'Europe. Les images de cérémonies ou de fêtes sont particulièrement prisées, surtout si elles incluent un élément musical.
La touche rapide, parfois empâtée, a la liberté de la facture impressionniste. A certains endroits, les personnages dont on ne discerne pas les visages sont restitués par de simples taches de couleurs, superposées avec vivacité.
La mise en page particulièrement audacieuse rend difficilement lisible l'espace dans lequel se tient ce rassemblement. Reste que les détails perceptibles des costumes (turbans), l'architecture blanche et la végétation nous plongent dans l'ambiance dépaysante de l'Orient. Renoir nous présente ici une vision agréable et joyeuse, qui contraste avec les visions austères d'un désert hostile ou des combats sanguinaires. C'est un orientalisme original, passé au crible des caractéristiques picturales de l'impressionnisme.

Niveau supérieur, Salle 32