Le Mineur

Jean Carriès
Le Mineur
entre 1886 et 1887
statue en cire brun-rouge sur âme en plâtre patiné
H. 72,0 ; L. 36,6 ; P. 34,7 cm.
achat 1998
© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski
Jean Carriès (1855 - 1894)
Niveau médian, Salle 56

Le mineur incarne avec force un aspect inattendu de la sculpture de Carriès. La sculpture, modelée à la cire sur une "âme" de plâtre, représente plus vraisemblablement un charbonnier, comme Carriès l'écrit lui-même dans une lettre à son ami et mécène Ménard-Dorian. Le double chapeau témoigne plutôt de l'expression de la fantaisie de l'artiste, dont le goût pour les couvre-chefs est manifeste dans de nombreuses sculptures. Le jeu des patines du plâtre et de la cire brun-rouge est particulièrement heureux et la figure à mi-corps n'est pas sans rappeler l'autoportrait en cire conservé aujourd'hui au musée du Petit Palais. Le mineur est une image puissante et sobre, évoquant à la fois un ouvrier, un paysan et un artisan.
Carriès exposa en mars 1886 au Cercle d'Art des XX à Bruxelles. L'année précédente, Constantin Meunier y avait montré une cire du Débardeur du port d'Anvers. Cet intérêt de l'époque pour la représentation sculptée du travail n'a pas échappé à Carriès. Que cette oeuvre ait pu être également intitulée dans sa version en grès Germinal (le roman de Zola paraît en 1885), atteste de son accueil auprès des contemporains de l'artiste comme une représentation plus emblématique que littérale du monde du travail.