Le Penseur

Auguste Delaherche
Le Penseur ; encrier
en 1895
encrier : étain fondu et ciselé, grès émaillé
H. 15,5 ; L. 25,5 cm.
Don de Mme Christiane Hillemand, 2003
© Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
Auguste Delaherche (1857 - 1940)

Il semble que la figure du Penseur ait été composée par Charpentier en complément de l'encrier déjà créé par Delaherche. En effet, le catalogue du Salon de la Société nationale des Beaux-arts de 1895, où Le Penseur est exposé pour la première fois, est ainsi libellé : "Couvercle d'encrier en étain pour un grès de Delaherche". On sait par ailleurs que la production de Delaherche à l'atelier de la rue Blomet, d'où provient l'encrier, s'est achevée en 1894.
La forme très simple du plateau de l'encrier, laisse la prééminence de l'effet décoratif aux jeux colorés, déterminés par le hasard, de la couverte d'émail flambé. Sa couleur chaude et brillante exalte par contraste l'aspect mat et la douceur du grain de l'étain de la sculpture.
Un exemplaire de ce cendrier est envoyé en 1896 à Bruxelles à la deuxième exposition de la Libre Esthétique. Madeleine Octave-Maus le juge comme l'"un des objets les plus heureux d'art appliqué". Il est offert par Charpentier et Delaherche à Octave Maus, l'organisateur de cette exposition.
A la façon de Rodin jouant avec ses "morceaux", Charpentier aime réutiliser un motif décoratif qu'il décline dans des matériaux variés. Ainsi, quelques années plus tard, il réutilise Le Penseur, pour un autre modèle d'encrier. Dessiné par Maurice Dufrêne (1876-1955) et exécuté en grès par Pierre-Adrien Dalpayrat (1844-1910), celui-ci est alors édité par La Maison moderne. Les deux versions du cendrier ont autant de succès l'une que l'autre.

Niveau médian, Salle 65