Miroir monumental

Constant Sévin
Miroir monumental
en 1878
bronze ciselé, doré et verre
H. 193 ; L. 137 ; P. 12 cm autre dimension ; pds. 270 kg. (poids estimé)
1996
© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski
Constant Sévin (1821 - 1888)
Oeuvre non exposée en salle actuellement

Il paraît difficile d'imaginer démonstration plus éloquente de l'alliance de l'Art et de l'Industrie prônée sous le second Empire que celle donnée par ce somptueux miroir. L'ornemaniste, le sculpteur, le fondeur et le ciseleur ont conjugué tout leur talent et toute leur virtuosité pour créer ce chef-d'oeuvre.
Trois noms parmi les plus prestigieux dans les arts dits alors "industriels" de la seconde moitié du XIXe siècle sont attachés à cette réalisation : Ferdinand Barbedienne (1810-1892), fondateur et directeur de la plus importante manufacture de bronzes d'art à Paris; Albert Ernest Carrier-Belleuse, sculpteur-décorateur étonnamment prolifique ; Constant Sévin, sculpteur-ornemaniste indissociable de la formidable réussite de Barbedienne.
Ce miroir monumental a été composé par Sévin et Carrier-Belleuse pour le stand Barbedienne à l'Exposition universelle de 1867. La première version appartient aujourd'hui au Bowes Museum à Barnard Castle. Ce second modèle fabriqué en 1878 est entièrement dorée et d'une ciselure plus fine.
Ici, le sculpteur ornemaniste et le "bronzier" du second Empire rivalisent avec les orfèvres des siècles passés. Ils renouent brillamment avec la tradition des grands meubles d'argent fabriqués à Paris ou à Augsbourg au XVIIe et au début du XVIIIe siècle. Mais le répertoire d'ornements utilisé, Vénus et nymphes, putti, mascarons, mufle de lion, chutes de fruits, rinceaux et cuirs découpés, est typique de la Renaissance française, dans le style de l'école de Fontainebleau.