Portrait du marquis et de la marquise de Miramon et de leurs enfants

James Tissot
Portrait du marquis et de la marquise de Miramon et de leurs enfants
en 1865
huile sur toile
H. 177 ; L. 217 cm avec cadre H. 204 ; L. 243 cm; pds. 81 kg.
© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski
James Tissot (1836 - 1902)

Sur la terrasse du château familial, le marquis de Miramon pose avec sa femme Thérèse et leurs deux premiers enfants. Tissot domine ici avec élégance les règles du portrait mondain et sa composition apparaît comme la plus complexe qu'il ait jusqu'alors conçue. Le choix d'un cadre naturel, peu fréquent dans l'histoire du portrait français, renvoie à la tradition anglaise du portrait aristocratique situé à la campagne. La décontraction de la pose du marquis, la jambe repliée et le regard détourné du jeune garçon - signes d'une impatence enfantine qui semblent citer celle de la jeune Giulia de La famille Bellelli de Degas -, le chien débonnaire ou l'incongrue et sophitiquée nature morte à droite, animent la scène. En empruntant ainsi aux exemples d'Outre Manche, l'artiste s'affranchie des conventions établies.
Dès 1859, Tissot avait choisi de revendiquer son anglophilie en adoptant le prénom James, et ce tableau, parfaitement en phase avec le goût de ses modèles, constitue l'une des premières expressions artistiques de cette passion. En outre, la belle note automnale de l'oeuvre doit sans doute beaucoup aux britanniques Dante Gabriel Rossettti et John Everett Millais, que Tissot fréquente à Londres. Il demeure cependant fidèle à leçon ingresque, notamment dans le chatoiement des étoffes qui témoigne des délicatesses d'un métier précis et exprime le souvenir du commerce familial de draps et de chapeaux.
Le Portrait du marquis et de la marquise de Miramon et de leurs enfants apparaît donc comme un exemple capital de l'art brillant, qui fut celui de Tissot dans les années 1860, et affirme l'importance d'un artiste particulièrement réfractaire aux catégories établies.

Rez-de-chaussée, Galerie Seine