Ugolin

Jean-Baptiste Carpeaux
Ugolin
en 1863
groupe en bronze
H. 194 ; L. 148 ; P. 119 cm; pds. 740 kg.
1904
© Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
Jean-Baptiste Carpeaux (1827 - 1875)
Rez-de-chaussée, Allée centrale des sculptures

Carpeaux s'inspire du chant XXXIII de la Divine Comédie de Dante, qui relate la rencontre aux Enfers de l'écrivain, conduit par Virgile, avec Ugolino della Gherardesca. Le comte interrogé, raconte le châtiment qu'il a subi.
Au XIIIe siècle à Pise, après avoir trahi le parti des Gibelins, favorables à l'Empereur dans sa lutte contre le Pape, quant à lui soutenu par les Guelfes, Ugolin est enfermé dans une tour. Son rival, l'archevêque Ubaldini, le condamne à mourir de faim en prison. Selon la légende, Ugolin aurait succombé après avoir mangé ses fils et ses petits fils enfermés avec lui.
Carpeaux réalise ce groupe sculpté de 1857 à 1861 en dépassant les limites fixées à son séjour à la villa Médicis. L'artiste n'a pas respecté les normes académiques imposant une ou deux figures seulement et un sujet tiré de l'Antiquité ou de l'Histoire Sainte. Négligeant les reproches, il a préféré "exprimer les passions les plus violentes et y attacher la tendresse la plus délicate", comme il le précise dans une lettre à un ami.
Chaque enfant représente une étape vers la mort. L'expression de douleur et d'angoisse du père : le visage, les mains et les pieds crispés, le modelé nerveux du corps et en particulier du dos, attestent de l'étude attentive par Carpeaux du Laocoon antique, de Michel-Ange et du Radeau de la Méduse de Géricault.