Vue de l'intérieur d'une basilique antique restituée

Jacques Ignace Hittorff
Vue de l'intérieur d'une basilique antique restituée
entre 1831 et 1867
plume et encre noire, aquarelle sur papier contrecollé en plein
H. 61,0 ; L. 85,0 cm.
Legs de Charles-Joseph Hittorf, 1899
© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski
Jacques Ignace Hittorff (1792 - 1867)

Hittorff a laissé de nombreuses restitutions archéologiques, dans lesquelles il défend énergiquement la reconstitution de la polychromie antique. Sur cette immense aquarelle, les couleurs de l'édifice sont une nouvelle fois bien traduites, mais l'intérêt de l'oeuvre se situe ailleurs et illustre un aspect méconnu du talent de l'architecte.
Cette fois, la sévérité de l'érudition archéologique laisse entièrement la place à l'imagination. A l'instar des capricci de Panini (1691-1765), vues imaginaires de ruines antiques, ou des fantaisies de son ami Félix Duban (1797-1870), Hittorff privilégie ici la création d'une atmosphère. Mieux, il devient peintre en proposant de placer au centre de sa basilique un cortège de licteurs, annonçant la venue d'un magistrat romain.
Cette étude constitue sans doute une forme de préambule à la réalisation d'une de ses plus grandes oeuvres, l'église Saint-Vincent-de-Paul à Paris, dont le parti s'inspire directement des basiliques paléochrétiennes. Ainsi, l'élévation latérale avec ses deux niveaux de colonnes et le plafond ornementé de cette basilique "restituée" annoncent très précisément cet édifice.

Oeuvre non exposée en salle actuellement